Qu’est-ce que le bouturage ?

Le bouturage donne la possibilité de créer une plante semblable à celle dont provient cet organe. Cela est possible à partir d’un fragment de tige ou de racine, d’une feuille ou d’un bourgeon. Mais alors, qu’est-ce que le bouturage exactement ?

Avec le bouturage, une réaction d’autodéfense se fait. Elle permet à toute partie détachée d’un végétal de cicatriser la lésion existant au point de séparation. Des hormones spécifiques provoquent une intense activité cellulaire. Cela obture rapidement la blessure. Il s’agit d’une sorte de bourrelet appelé “cal”. Des racines ne tardent pas à apparaître sur celui-ci, en conditions propices.

L’organe amputé devient dès lors capable de se nourrir et de se développer en croissant comme une plante nouvelle.

Cette dernière reproduit fidèlement toutes les caractéristiques génétiques de la plante mère (taille, port, couleur, duplicature des fleurs, etc…). C’est ce que peut faire le semis lorsque les variétés n’ont pas été fixées par la sélection.

Vous multiplierez donc par bouturage toutes les variétés horticoles de plantes. On parle du chrysanthème, dahlia, géranium (pélargonium), coléus à massifs, ou encore fuschia. Vous pouvez aussi utiliser cette méthode pour les arbres et arbustes décoratifs à feuillage pourpre ou panaché de jaune ou de blanc, à fleurs doubles, conifères bleus ou dorés, etc…

Les graines récoltées sur ces plantes ne donneraient en effet, le plus souvent, que des sujets dégénérés revenant au type de l’espèce. Par exemple, un feuillage vert pour les conifères bleus.

Qu’est-ce que le bouturage : Boutures de rameaux

Toutes les espèces végétales ne possèdent pas au même degré l’aptitude à émettre des racines. Certaines le font très facilement (saules, tradescantia, etc…) en n’importe quel point de leurs rameaux. D’autres espèces y sont beaucoup plus réfractaires (if, houx, camélia).

Dans tous les cas, les hormones végétales promotrices de l’enracinement sont particulièrement actives en deux zones :

  1. Au voisinage des yeux terminaux (bourgeons), dans la partie supérieure des pousses tant que celles-ci sont herbacées.
  2. À la base des pousses, à l’endroit où elles s’insèrent sur la branche qui les porte. Il est appelé “talon” lorsqu’elles ont pris la consistance d’un bois plus ou moins dur.

Qu’est-ce que le bouturage : Exécution des boutures feuillées

Sectionnez-les quelques millimètres au-dessus du point de départ d’une feuille avec un outil très tranchant. Vous pouvez ainsi utiliser un greffoir ou une lame de rasoir de façon à faire une coupe nette. Supprimez les fleurs ou bouton floraux qu’elles pourraient porter.

Toute terre sableuse, perméable, convient au bouturage. Mais utilisez de préférence un milieu stérile pour éviter les risques de “fonte” (pourriture). Par exemple : 2/3 de tourbe et 1/3 de sable de rivière, vermiculite ou perlite. Recouvrez ce mélange d’un demi centimètre de sable pur.

Repiquez les boutures côté à côte, en caissettes ou terrines ou encore, individuellement, en petits godets de 6 cm. Enterrez la base de 1 à 2 cm, suivant leur taille, après avoir fait un avant-trou avec un petit plantoir ou le bout du doigt. Puis, retassez bien la terre autour d’elles.

Des produits spéciaux à base d’hormones de synthèse stimulent l’émission des racines. Les plus pratiques se présentent sous forme d’une poudre. Vous y plongerez la partie inférieure des boutures sur 1 cm de hauteur environ avant de les piquer.

Leur emploi est intéressant pour certaines espèces d’enracinement difficile. Il s’agit des arbustes à feuillage persistant et des conifères notamment.

Une légère chaleur de fond (chauffage du sol) active l’enracinement des boutures herbacées exécutées au printemps.

Les boutures doivent être ombrées et privées d’air en fermant le châssis. Ceci, tant que la reprise ne commence pas à se manifester (turgescence du feuillage et allongement de la pousse terminale). Eclairez et aérez-les ensuite davantage, progressivement. Arrosez sans excès.

Si vous n’avez à faire enraciner qu’une petite quantité de boutures, piquez-les dans un pot à fleurs. Il fera 10 à 12 cm de diamètre. Vous l’inclurez dans un sac de matière plastique transparente. Ce dernier sera tenu fermé jusqu’à la reprise.

Après leur enracinement, les boutures se traitent exactement comme tous les sujets obtenus par semis. Il faudra les empoter ou les repiquer dans un milieu plus nutritif.

Qu’est-ce que le bouturage : Exécution des boutures “en sec”

Ces boutures dépourvues de feuilles se piquent en plein air, dans la terre du jardin. Vous y mélangerez un peu de sable et de tourbe.

Faites des rangées successives en les alignant sur le flanc d’une petite tranchée. Inclinez-les légèrement pour pouvoir les tasser énergiquement.

Qu’est-ce que le bouturage : Boutures diverses

Les feuilles de certaines espèces sont capables de s’enraciner et d’émettre des bourgeons pour former une plante nouvelle.

La feuille de sansevière s’enracine par la base, lorsqu’un tronçon est piqué en terre. Celle du bégonia rex le fait aux points de bifurcation de ses nervures. Ceci, après que les points de bifurcation aient été incisés lorsqu’elle est posée à plat sur le sol. Celles du saintpaulia et du pépéromia s’enracinent par l’extrémité de leur pétiole.

Beaucoup de racines charnues peuvent également bourgeonner lorsqu’elles sont coupées en morceaux de 8 à 10 cm de longueur. C’est le cas des phlox, prunier, framboisier, ou encore paulownia.

L’extrémité du fragment qui se trouvait le plus proche du tronc doit devenir la partie inférieure de la bouture. C’est le cas lorsque celle-ci est piquée verticalement. Afin de la reconnaître sans hésitation, coupez l’autre bout en biseau.

Pour d’autres espèces, il suffit d’un fragment de rameau avec un œil (bourgeon), pour obtenir une autre plante. En effet, c’est le cas pour la vigne, hortensia, pivoine, ficus, ou encore dracéna.

Les plantes bulbeuses se multiplient en plantant les bulbilles qui se développent à la base de leur oignon. Par exemple, il s’agit de la tulipe, la jacinthe ou le glaïeul. D’autre part, certaines se multiplient en plantant les écailles dont l’oignon est constitué (lis).

Ce procédé est toutefois très lent. Les plantes ainsi obtenues ne fleurissant qu’au bout de plusieurs années. Sachez enfin que de nombreuses plantes s’enracinent lorsque leurs rameaux sont simplement plongés dans l’eau. C’est ainsi le cas des impatiens, saule, laurier rose, etc.

Les boutures de feuilles de saintpaulia peuvent également être exécutées de cette façon.

Équipez votre jardin au meilleur prix sur Jardinet.fr.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.